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17 November 2005

Le racisme anti-Suisse? Ça existe... à Paris

Après la turquie... le temps et le racisme antisuisse a paris...
Jeudi 17 novembre 2005
Sylvain Besson, Paris

Cet été, l’équipe de recherche du «Temps» (composée de l’épouse et de la belle-mère de votre dévoué correspondant) a fait la tournée des agences immobilières de la capitale française. Objectif: trouver un quatre-pièces pouvant accueillir la rédaction du quotidien romand de référence et son journaliste. Un après-midi, l’équipe débarque dans une agence du 8e arrondissement dirigée par un monsieur corpulent. Qui explique tout net qu’il ne «prend pas les Suisses», coupables à ses yeux de créer «trop de problèmes».

Paranoïa
Discours identique un peu plus tard, dans la bouche d’un possesseur d’appartement vide: «Si vous ne payez pas, comment vais-je vous traîner devant les tribunaux? Je ne vais quand même pas aller en Suisse!» Et pourquoi pas? «Parce que la Suisse n’est pas dans l’Europe.»

Paranoïaques, les propriétaires français ne voient dans l’Helvétie qu’un pays opaque, où attaquer un locataire en justice est lent, coûteux, incertain. Le Suisse ne peut trouver un logement que muni d’une garantie en béton armé de son employeur, et d’une caution bancaire d’à peu près 13000 euros.

«Monsieur le Président, je vous écris...»
Ne croyez pas que ces brimades se limitent au marché du logement: il est impossible de trouver à Paris les prises à trois trous qui connectent les appareils ménagers suisses – ordinateurs, toasters, j’en passe – au réseau électrique. La Télévision suisse romande ne figure pas dans les bouquets câblés qui proposent des chaînes berbères, polonaises ou chinoises. Il y a des problèmes d'approvisionnement en vrai gruyère dans les supermarchés.

J’ai parlé de cette situation à notre ambassadeur, qui dit ne pas être informé de discriminations sérieuses. Heureusement, depuis lundi, je sais qu’il me reste un dernier recours: écrire à Jacques Chirac.

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